Académie pour une Ecologie Intégrale Sanctuaire Notre-Dame du Chêne (72 Vion)

Du 24 février 2023 à 17h00 au 26 février 2023 à 15h30

Anthropologie et médecine

Notre-Dame du Chêne

Sur quelle vision de l’homme fonder la médecine et le soin aux malades ?

Intervenants: 

  • Violaine de Lartigue, philosophe
  • Roselyne Legall, philosophe
  • Yvonne Langlois, anthropologue
  • Père Alain-Dominique c.s.j.

MEDECINE ET ANTHROPOLOGIE

Tous, nous sommes confrontés au mal, à la souffrance et à la mort sur le plan physique et, par cause ou par effet, sur les plans psychique et spirituel. S'ensuit, toute notre vie, la quête d'un salut, dont la médecine est un des possibles chemins ; car elle cherche des remèdes à la souffrance et à la mort, œuvre à l'éradication du mal, ou tout du moins à la limitation, à l'atténuation de ses effets.

C'est là que se situe notre réflexion sur l'articulation entre médecine et anthropologie. Comment s'y prendre pour éradiquer le mal ? Limiter, atténuer ses effets ? En amont des pratiques, toujours il y a une vision et de l'homme et du monde. Le mal vient-il du corps ? Il faudra s'en défendre. De la nature ? Il faudra se la soumettre. De là émergent deux tendances, apparemment contradictoires, dont les sagesses orientales d'une part, et l'idéologie transhumaniste d'autre part, sont les illustrations extrêmes. Il faut, professent les premières, se retrancher du monde, du corps et de tout ce qui, constituant la personne, la rend poreuse au mal, à la souffrance. Il faut, enseigne la seconde, réinvestir le corps, le modifier à souhait et par ce biais, transformant l'homme, transformer le monde. Entre logique de retrait et logique de reconquête et de transformation se joue, pour nous, l'accès à la joie ; quel est le prix à payer pour un accomplissement ? Celui d'une extinction du soi au profit d'une fusion avec un tout universel, par delà corps, espace et temps ? Ou celui d'une modification à l'envi de la nature de l'homme, au profit d'un ailleurs : être autre, et dans un autre monde ? Ainsi peut osciller la médecine, entre pratiques anesthésiantes de la douleur et pratiques offensives de la transformation. S'ensuit un statut toujours le même du médecin et du malade : l'un actif, prestataire de services, voire technicien de l'humain ; et l'autre, passif, « patient », en renoncement de tout ou en attente de services.

En amont de ces visions, il est une même certitude, implicite : le mal est lié à un défaut de la nature et de l'homme. Est mise à mal, du fait de la structure même de ceux-ci, notre quête de bonheur, mise en péril notre possible joie, différé voire empêché notre accomplissement. D'où les questionnements qui constitueront le fil de notre session : la nature est-elle une menace pour nous ? Notre corps – qui nous met en relation avec la nature et nous fait expérimenter, outre les limites d'espace et de temps, la maladie, la souffrance et la mort –, un empêchement à notre bonheur ? Ou si même nous reconnaissons au monde physique et au corps de l'homme d'être un bien, ce bien est imparfait. D'où vient cette imperfection ? Est-elle le fait du hasard qui, seul, expliquerait leur existence et leur structure ? Le fait d'un Dieu malhabile ou cruel, qui insèrerait dans la pate et de l'homme et du monde le poison de la souffrance et de la mort, du mal ? Le fait de l'homme qui, « super-prédateur », exercerait sur tout, sur lui-même et sur le monde, quelque pouvoir de mort ? Ou bien est-elle le fait d'une invite par Dieu, faite à l'homme, de parachever sa création et de participer à sa rédemption ? Par quels modes enfin peut s'opérer notre salut ? L'éradication du mal, de la souffrance et de la mort ? Avec ou sans Dieu ? Avec ou sans l'homme ? Avec ou sans le corps ? Avec ou sans la nature ?  

Ces questionnements seront abordés sous l'angle philosophique et humain d'une part, et sous l'angle chrétien d'autre part. Seront proposées, en illustration de notre réflexion, quelques pratiques, mettant en lumière : la distinction et l'unité des plans physique, psychique et spirituel en l'homme ; la distinction et l'unité des plans naturels (monde physique et monde humain) et surnaturels (monde divin) dans lesquels l'homme s'insère. Ainsi seront réinterrogés, en même temps que les notions de nature, de corps et de personne humaine, de santé, de maladie et d'accomplissement de soi, les rôles respectifs de la personne du médecin et de la personne malade.  

La session a pour but de fournir ainsi des clés pour une pratique médicale accordée, du fait de son enracinement dans une anthropologie intégrale, à l'écologie intégrale telle que la promeut, dans le sillage de François d'Assise, le pape François. 

Participation financière:

En pension complète

  • Individuelle : 175€
  • Couple : 280€

En auditeur libre

  • Frais inscription : 30€
  • 14€ par repas